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Bienvenue sur le blog qui a permis à beaucoup d'entre vous de suivre pas à pas ma coopération au Tchad ! L'aventure est terminée depuis quelques mois mais le blog reste en ligne. Alors vous pouvez toujours jeter un coup d'oeil sur les pages ci-dessous. 
Bonne lecture !
 

Christelle

Ce qui compte...
C'est l'Homme, chaque Homme,
Jusqu'à l'humanité tout entière. 
Populorum Progressio

Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 19:18

Vous avez suivi mes aventures avec enthousiasme durant mes deux ans de volontariat au Tchad ? Vous avez attendu avec impatience chacune de mes nouvelles lettres ?

Alors, je vous propose de reprendre le chemin de l'Afrique pour quelques heures en vous plongeant dans le livre "Deux ans au coeur du Tchad ".
Eh oui ! A la demande de mes "blogeurs", j'ai repris la plume... pour finalement écrire un livre de 285 pages : vous y retrouverez vos anecdotes préférées, des pistes de réflexions, des analyses de la situation géopolitique et
tout un tas de nouvelles anecdotes...

Si vous souhaitez offrir ce livre pour les fêtes de fin d'année, contactez-moi ! En effet, je ne peux pas vous garantir que votre libraire préféré sera approvisionné d'ici fin décembre. Par contre, je dispose déjà chez moi d'un stock de livres et dès réception de votre chèque de 28 € (les frais de port sont offerts), je vous enverrai le livre à l'adresse que vous m'aurez indiqué.

Mon adresse personnelle :
Melle Christelle GABORIEAU
45 rue Nationale
85500 Les Herbiers

 

 

 

Fiche détaillée :  Deux ans au coeur du Tchad

Auteur Christelle GABORIEAU
Editeur L'harmattan
Date de parution décembre 2009
Collection Etudes Eurafricaines
ISBN 978-2-296-10631-4
Illustration Pas d'illustrations
Nombre de pages 285 

L'intégralité des droits d'auteur sera reversée aux oeuvres sociales du Vicariat apostolique de Mongo (Tchad) : bibliothèques, écoles, dispensaires, puits, banques de céréales...

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Samedi 11 août 2007 6 11 08 2007 19:14
Bonjour tout le monde,
 
Depuis le 7 août 2007, j’ai mis le pied sur le sol français. Mais, avant de vous raconter mon arrivée, je dois vous détailler les derniers jours.
 
Le dernier jour de la colonie de vacances à Sarh, tous les animateurs se sont retrouvés pour une journée-bilan et détente autour de la piscine. Aussi vrai qu’incroyable, il y a une piscine à Sarh ! J’ai donc eu la joie de pouvoir barboter en …short et t-shirt, n’ayant pas de maillot de bain dans mes valises.
 
Le lendemain, j’ai pris un mini-bus pour me rendre à Moundou. Au moment du départ, j’ai assisté à une scène effrayante. Deux chauffeurs se sont disputés pour une banale histoire de passager qui a pris sa place dans un mini-bus au lieu de l’autre. En quelques secondes, l’un des chauffeurs a sorti une machette et l’autre s’est procuré un bâton. Et je ne sais par quel miracle, en l’espace d’un instant, cinq à dix personnes se sont retrouvées armées d’un bâton, d’un couteau ou d’une chaîne de vélo. Et si ce n’est la sagesse de certains passants qui ont tout fait pour calmer les protagonistes, on assistait à une bataille sanguinaire. Cela m’a impressionnée de voir à quelle vitesse un simple malentendu a pu dégénérer et les armes apparaître comme par magie de je ne sais où.
 
Après cet épisode, nous nous sommes entassées dans le mini-bus, nous c’est-à-dire les 18 personnes qui allions voyager ensemble dans un véhicule prévu pour 11 passagers. Autant vous dire que l’espace vital de chacun était plus que réduit !
 
Le voyage s’est passé à un rythme assez lent car à chaque barrage, les policiers venaient vérifier les cartes d’identité, cartes scolaires ou passeports de chacun, dans le but de relever la moindre anomalie qui leur permettrait de demander un petit pourboire et ainsi de gonfler leur propre poche. Afin de limiter ces contrôles qui retardaient le voyage, car certains policiers retenaient le mini-bus pendant près d’une demi-heure, le chauffeur glissait généralement un billet généreux dans la main du policier. Mais cela n’empêchait pas certains policiers d’empocher le pourboire et de procéder néanmoins au contrôle des passagers.
 
Tant bien que mal, nous avons fini par arriver sur Moundou au moment où le soleil, lançant ses flammes ardentes, plongeait dans le Logone ; fleuve couleur de sang, Un spectacle magique !
 
Pendant 2 jours, j’ai découvert la capitale économique du Tchad. C’est impressionnant de noter la différence avec Bitkine. Des usines (Compagnie sucrière du Tchad, Brasserie du Tchad, Cotontchad), un aéroport actif, des commerces nombreux, une vie nocturne animée, la présence de nombreuses buvettes, voilà ce qui caractérise Moundou au premier abord.
 
J’ai ensuite voyagé entre Moundou et N’Djaména grâce à une « occasion du marché », c’est-à-dire que j’ai loué une place dans un 4x4 auprès d’un commerçant. Le véhicule n’était pas en très, très bon état : pare-brise fendu en plusieurs endroits, pare-chocs tordu, vitres se fermant manuellement, jauge à essence et compteur kilométrique en panne. Puis lorsque les premières gouttes de pluie se sont écrasées sur la vitre, j’ai également remarqué avec surprise que les essuie-glace ne fonctionnaient plus. C’est beaucoup plus ennuyeux. Du coup, à chaque averse, il fallait réduire de façon drastique la vitesse et tenter d’apercevoir à travers le rideau d’eau le ruban de la route. Un exercice périlleux quand on croisait un gros porteur ou un groupe de personnes ! Heureusement que le trafic sur les routes tchadiennes n’est pas trop dense !!
 
À chaque barrage policier, il a également fallu justifier de notre identité …. et de notre porte-monnaie. Mais sur cette portion de voyage, j’ai eu la chance d’avoir un chauffeur qui a plus d’une fois pris ma défense. Quand l’un des policiers demandait mes papiers, il répondait : « Tu ne vois pas que c’est une femme ? Pourquoi cherches-tu à l’embêter ? » (Dans la pratique, on ne demande pas les papiers aux femmes) et le policier lui répondait « Mais c’est une blanche, elle a beaucoup d’argent ! ». Mais le chauffeur lui parlait tellement vertement qu’il n’osait plus me demander mes papiers. 
 
Finalement, nous sommes arrivés sans encombre à N’Djaména.
 
Dans les derniers jours avant mon départ, j’ai eu le temps d’aller au marché acheter des souvenirs, de voir une dernière fois mes amis n’djaménois et de faire une visite au musée national qui présentait entre autres une exposition sur les Sao, les « Gaulois des Tchadiens ».
 
Le dernier jour est arrivé. Le matin, je me suis rendue à l’aéroport pour faire enregistrer mes bagages. Et là, comme je le pressentais, les douaniers m’ont demandé d’ouvrir ma valise qui contenait mes souvenirs. Ils ont commencé par tout sortir sur le sol alors que j’avais mis tant de temps à emballer et caler mes cadeaux pour qu’ils ne se cassent pas. Puis, ils m’ont demandé de tout remettre dedans. Mais là impossible de tout rentrer à nouveau, la valise ne se fermait plus. Les douaniers sont venus à la rescousse et après trois tentatives, ont réussi à fermer ma valise en s’asseyant dessus. Mais le but inavoué des douaniers était de faire état d’une soi-disant taxe sur l’artisanat afin de ponctionner le maximum d’argent à mettre dans leur poche. Mais, je connaissais la situation, je suis restée très polie, détendue et j’ai essayé de placer le maximum de mots en arabe dans la conversation pour montrer que je n’étais pas une simple touriste de passage. Cela a dû les impressionner dans le bon sens car quand l’un des douaniers a commencé à me sortir le grand jeu en me parlant de cette taxe sur l’artisanat, l’autre a pris ma valise et l’a déposée sur le tapis roulant. Ouf, sauvée !!
 
Puis à 23h30, j’ai décollé à destination de la France. Dans l’avion, nous n’étions pratiquement que des Blancs, les hôtesses nous parlaient en français et les repas étaient très hexagonaux. Tout cela m’a bien fait comprendre que mon départ était irrémédiable, ce que j’ai eu du mal à réaliser avant de poser le pied sur le sol français.
 
Alors voilà, maintenant, je suis en France depuis quelques jours, je tente de me réadapter à la vie occidentale (le froid me fait déprimer !) et de prendre un peu de recul sur tout ce que j’ai vécu depuis deux ans.
 
Je voulais vous remercier, vous mes fidèles lecteurs qui avez suivi avec assiduité mes péripéties et qui avez ainsi constitué pour moi un précieux soutien. Je remercie également ceux qui ont réagi par l’intermédiaire du blog ou en envoyant des lettres. Il ne m’a pas été possible de répondre personnellement à tout le monde, mon emploi du temps étant bien chargé. Mais soyez assurés que ces gestes m’ont procuré une grande joie.
 
Une fois que j’aurai réussi à « atterrir » un peu dans ma tête et après un repos bien mérité, j’espère pouvoir rencontrer le maximum d’entre vous pour vous faire partager de vive voix un peu de mon expérience tchadienne, vous montrer mes photos et échanger sur une autre vision du monde. Alors à bientôt pour tous ceux qui le voudront…
 
Christelle
P.S. : de nouvelles photos seront en ligne dans quelques jours. Soyez patients !
 
Par Christelle Gaborieau - Publié dans : christelle-tchad
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Lundi 16 juillet 2007 1 16 07 2007 18:52
Le 16 juillet 2007
 
Bonjour tout le monde,
Voici quelques nouvelles !
Le 31 mai un évènement inattendu a secoué toute la communauté chrétienne de la Préfecture Apostolique de Mongo : le décès accidentel du Père Tarcisio, missionnaire italien et curé de la paroisse d'Am-Timan.
Il arrivait en voiture sur Mongo lorsque le chauffeur a perdu le contrôle de la voiture. La gendarmerie s'est alors rendue au bureau de l'évêque en disant qu'un Blanc avait eu un accident et qu'il fallait venir voir s'il n'était pas connu de nous.
Bien entendu, au Tchad, il n'y a pas de pompiers ou d'ambulances. Il a donc fallu que ce soit le personnel de la Préfecture Apostolique de Mongo qui emmène le blessé à l'hôpital. Il avait une grosse fracture au niveau de la jambe et une grosse plaie à l'oeil. Il est rapidement décédé à l'hôpital.
Là non plus, pas de services de pompes funèbres et chacun a dû mettre la main à la pâte pour organiser l'enterrement. Le corps, enroulé dans des tissus, a eté transporté ensuite jusqu'à l'église où une partie de la communauté chrétienne, arrivée en toute hâte des quatre horizons, s'est recueilli le temps que les préparatifs avancent.
Un menuisier musulman a fabriqué le cercueil sur les conseils d'un prêtre. Mais comme il n'avait pas l'habitude (les Tchadiens sont enterrés à même le sol, enroulés dans des nattes), la boite était à peine assez longue pour le corps mais par contre beaucoup trop haute. La mise en bière du corps a dû être effectuée en deux fois à cause des dimensions de la boîte. Sous  le regard de la communauté chrétienne, la fermeture de la boîte a été effectuée en direct par le menuisier qui avait apporté ses clous et son marteau. Tout cela m'a donné une impression étrange, comme si la mort apparaissait dans toute sa nudité, sans fioritures.
Nous avons ensuite marché derrière la voiture transportant le corps jusqu'au terrain vague pompeusement appelé cimetière. Il a fallu attendre que les hommes aient fini de creuser la tombe à la barre à mine. Cinq heures de travail acharné à cause du sol dur et caillouteux Un vrai travail de forçat ! Ce décès a profondément marqué la communauté chrétienne. La mort par accident de la route est tellement courante ici en raison du mauvais état des routes et des voitures, de la non-formation des chauffeurs (il suffit de payer 30 000 F CFA pour avoir son permis de conduire sans avoir passé aucune leçon de conduire) que cela n'étonne personne. Mais cette mort  a semblé pour tous un "gâchis" car l'accident a semblé évitable. Cela pose aussi de façon cruciale la question de la fragilité de nos vies.
Après cela, j'ai eu l'opportunité de passer quelques jours à l'Est du Tchad avec les deux responsables des bibliothèques. Partis de Mongo, nous nous sommes dirigés vers Abéché. Le paysage devenait de plus en plus désertique, parsemé de petits arbres épars. Des apparitions étranges ont rythmé le parcours : un petit village avec un minaret bleu turquoise dans un paysage ocre, un troupeau de moutons noirs "broutant" sur une dune de sable jaune, des montagnes avec des coulées de sable semblables à des glaciers.
Enfin, après de longues heures de route, la ville d'Abéché, porte de l'Orient,  est apparue, diamant étincelant perdu au milieu des sables, son minaret bleu pointant vers le ciel. Une apparition digne des contes des mille et une nuits.
La ville d'Abéché m'a paru très sèche, peu ombragée à cause de la rareté des nimiers, gros arbres procurant de l'ombre. Cette impression a été renforcée par le fait que les bâtiments, les arcades sont blancs et reflètent le soleil, qui écrase déjà lourdement la ville.
Abéché était auparavant une grande ville tranquille mais qui a connu un essor inattendu suite au drame du Darfour. Les ONG sont très présentes et le coût de la vie s'en ressent. C'est ainsi qu'un enfant madjirin (enfant mendiant de l'école coranique) me demandait 500 F d'aumône alors qu'ailleurs, il aurait réclamé 50 ou 100 F. Certaines ONG emploient uniquement des expatriés avec un salaire européen, d'autres emploient de la main-d'oeuvre tchadienne mais avec un salaire  de 5 à 10 fois supérieur à la moyenne nationale. La population locale, elle, ne voit pas forcément son salaire augmenter, ce qui conduit à un appauvrissement de la population.
Nous avons été logés à la mission catholique, et les conversations avec le Père Joël Rouméas, breton bourru mais au coeur d'or, ont été extrêmement enrichissantes à cause de sa profonde connaissance du milieu.
Puis, le surlendemain, nouvelle opportunité : le Père Joël a accepté que nous l'accompagnions dans sa visite de la communauté chrétienne de Goz-Beida, un des camps de réfugiés du Darfour. Je ne vais pas m'étendre sur les causes politiques du conflit du Darfour mais les conséquences en sont qu'un afflux de 200 000  réfugiés soudanais et 150 000 déplacés tchadiens se sont rassemblés dans une douzaine de camps à l'Est du Tchad (Adré, Goz-Beida, Guereda, Farchana...).
Il faut d'abord faire une distinction entre réfugiés et déplacés. Les réfugiés, qui sont soudanais, ont été récupérés à la frontière il y a quatre ans par des ONG et emmenés en camion jusqu'à des camps aménagés pour eux. Ils bénéficient de fonds importants pour la nourriture (PAM), l'eau (OXFAM), les soins, l'éducation Les déplacés tchadiens, quant à eux, sont arrivés à pieds mais ne bénéficient d'aucune aide internationale car ils relèvent de la responsabilité du gouvernement tchadien.
Nous voilà donc partis dans un gros 4X4 en direction de Goz-Beida. La route a été aménagée récemment pour permettre le passage des convois humanitaires mais elle reste bien cahoteuse. À maintes reprises, il a fallu enclencher les "4 roues motrices" pour traverser des zones top sableuses tandis qu'à d'autres moments, les trous étaient si profonds que nos pauvres têtes heurtaient le plafond de la voiture. Pendant tout le voyage, nous nous sommes sentis comme des fraises dans un mixer, tourneboulés dans tous les sens.
Le premier soir, nous avons fait escale à mi-chemin, dans le petit village d'Abdi. Accueillis par la toute petite communauté chrétienne (15 personnes), nous y avons célébré la messe ensemble, partagé la boule, puis dormi, les uns à côté des autres à la belle étoile. Une expérience revigorante de simple fraternité.
Le lendemain, nous avons repris notre route vers Goz-Beida. J'ai été très surprise en arrivant aux camps. J'imaginais le camp comme un alignement de tentes. Effectivement, au début, ils étaient logés dans des tentes, mais par la suite, ils ont construit des cases en matériaux traditionnels.
Des questions nombreuses se posent : dans combien de temps sera-t-il possible pour eux de retourner dans leur village d'origine ? Les ONG, peu optimistes, parlent de dix ans. Que deviendront alors ces jeunes grandis au camp, loin des repères traditionnels du village, et qui ont été habitués à tout recevoir gratuitement : de la marmite au charbon, de l'éducation aux soins ?
Combien de temps l'environnement sera-t-il capable de supporter un tel afflux de personnes ? L'eau, le bois vont manquer à  plus ou moins long terme. Cela risque de générer des conflits importants.
Il y a déjà des conflits liés au mode d'organisation. Lors de l'arrivée des premiers réfugiés, la population locale a dans un premier temps partagé ses réserves avec les réfugiés par souci d'hospitalité. Mais quand les ONG sont arrivées, elles ont distribué la nourriture uniquement aux réfugiés, laissant la population locale démunie, ce qui a engendré des tensions 
Un autre phénomène observé à Mongo, Abéché et Goz-Beida : la présence d'enfants soldats dans les rues, 12-14 ans pour les plus jeunes d'entre eux,  en uniforme et mitraillette à la main. Dans un premier temps, le gouvernement a nié la présence d'enfants-soldats dans ses troupes. Récemment, il vient de le reconnaître et d'accepter leur démobilisation progressive. Ces enfants ne peuvent être rendus à leur famille immédiatement : sans travail et éducation, ayant vécu loin de toute structure familiale, parfois en mauvaise santé, ils auraient beaucoup de difficultés à se réinsérer dans un village traditionnel. De plus, ayant pris le goût de tuer, ils seraient capables de faire usage de leurs armes à la moindre contrariété.
C'est donc la mission de Catherine, appartenant au Jesuit Refugee Service (JRS) de mettre en place avec son équipe un camp de réinsertion des enfants-soldats. Elle me rapportait les propos d'un enfant-soldat, ayant appartenu aux forces rebelles ralliées aux forces gouvernementales : "Ce sont nos chefs qui se sont ralliés, nous, nous ne sommes pas d'accord. C'est nous qui allons prendre les armes pour faire le coup d'état." Il a 14 ans ! Sans commentaire...
Ce petit voyage dans l'est du Tchad m'a ouvert les yeux sur un aspect dont j'avais entendu parler mais dont je n'avais pas mesuré l'ampleur.
 
Après ces quelques jours, je suis retournée à Bitkine. Là, j'ai vécu un autre évènement étrange : l'examen du BEPC.
Le jour même, nous sommes arrivés à l'heure juste. Les organisateurs venaient de se rendre compte qu'ils n'avaient le droit qu'à 5 salles d'examen alors qu'ils en avaient prévu six. Il a donc fallu dans un premier temps réorganiser toutes les salles, transbahuter des bureaux d'une salle à l'autre, réécrire les numéros à la craie sur chaque bureau. Le résultat était moyen : par manque de place, 3 bureaux étaient collés les uns aux autres, d'un mur à l'autre et sans allée centrale, ce qui obligeait les jeunes et les surveillants à monter sur les bureaux pour rejoindre les bancs du fond. Cela fait, l'épreuve a pu commencer avec ...1h30 de retard.
Mais je n'avais encore rien vu. Les enveloppes de sujet avaient déjà été ouvertes et rescotchées. Cinq minutes après le début des épreuves, certains professeurs sont allés inscrire le corrigé du sujet au tableau, d'autres ont filé l'épreuve corrigée à des élèves, tandis que dans l'épreuve d'Anglais, le professeur d'Anglais traduisait le texte et les questions. La directrice du collège, vice-présidente du centre d'examen, n'en finissait pas de retirer les anti-sèches aux élèves, d'interdire aux professeurs l'entrée des salles. Mais avec  relativement peu d'efficacité puisque lorsqu'elle a demandé au président du centre d'examen de mettre zéro à une épreuve parce que le professeur lui avait donné la correction, il lui a répondu qu'elle ne pouvait pas être sûre que d'autres élèves n'aient pas profité de cette feuille et donc on ne pouvait pas prendre une telle mesure. Ce qui est désespérant c'est que ce sont les mêmes professeurs qui la veille tenaient un discours cohérent sur la baisse de niveau et qui, le lendemain, donnent le corrigé des épreuves aux élèves. C'est désespérant !
Après cela, j'ai fait préparer un petit méchoui pour mon départ. Nous sommes allés avec Bani, notre cuisinier, acheter un patit cabri. Mais devant les prix, le petit cabri blanc s'est transformé en un petit mouton noir. Puis un homme a transporté le mouton sur ses épaules tel un berger de la crèche jusque chez le boucher. Puis nous lui avons fourni de la semoule, des oignons, et de l'huile. Celui-ci nous a donné le lendemain un beau petit mouton bien doré, cuit au four traditionnel en briques, et que j'ai pu partager avec joie avec mes amis. Un vrai régal !
Quelques jours après, c'était le départ. Il a fallu dire au revoir à tout le monde sans avoir l'assurance de les revoir un jour. C'est dur de quitter des gens avec qui j'ai passé tant et tant de temps !
Quelques jours à N'Djaména puis direction Sarh, dans l'extrême sud du pays, grâce une fois de plus, à une opportunité. Le paysage est très différent : sans relief, il est extraordinairement vert grâce à de grands et beaux arbres aux noms exotiques (karité, frangipaniers, rôniers, flamboyants...). Le fleuve Chari dans lequel j'ai eu la chance de voir des hippopotames sortir périodiquement leurs oreilles et leur museau bruyamment de l'eau y déambule paresseusement, des pirogues circulant au fil du courant. Des cases carrées en briques poussent ça et là sur une terre couleur sang.
Depuis que je suis à Sarh, je ne m'ennuie pas. J'ai vécu deux expériences intéressantes.
Le vendredi, un partage d'évangile en prison. Au début, j'étais sceptique sur l'opportunité d'un telle activité, mais à voir l'attention avec laquelle les prisonniers écoutaient la sœur commenter le passage d'évangile, la joie à nous regarder mimer ce texte et l'empressement à venir échanger avec nous à la fin de ce temps, cette expérience m'a conquise. Au début, il est vrai, j'étais réticente, surtout quand je suis rentrée dans cette grande cour carrée où s'entassent 200 prisonniers, et où se côtoient des prisonniers à longue peine pour meurtre et des présumés innocents qui attendent leur jugement depuis plus d'un an. Mais l'expérience a balayé mes préjugés !
J'ai également pu participer à une colonie de vacances. Au début, je suis venue dans l'intention de visiter l'usine de la CST (Compagnie Sucrière du Tchad, usine qui transforme les cannes à sucre en sucre) mais je me suis vite retrouvée co-animatrice d'une équipe de bambins débordant de vie. Après la visite de l'usine, nous avons passé le reste de la journée à la campagne à organiser des jeux pour ces enfants. Ils ne se faisaient pas prier pour jouer, chanter ou danser ! À voir leurs mines réjouies et leurs yeux pétillants, j'ai vu à quel point ces enfants s'épanouissaient en comparaison de leurs congénères souvent laissés à eux-mêmes, pendant que leurs parents sont aux champs ou au travail. Un contraste saisissant ! À la fin de la journée, j'étais bien fatiguée mais heureuse. Et l'expérience risque de se prolonger encore un peu car je vais aller donner encore un coup de main dans les prochains jours...
Vous voyez, mon séjour à Sarh se passe très bien. Dans quelques jours, je rejoindrai Moundou puis N'Djaména avant de m'envoler vers la France.
À bientôt
Christelle
Par Christelle Gaborieau - Publié dans : christelle-tchad
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Jeudi 21 juin 2007 4 21 06 2007 17:06
Nouvelles de Christelle
 
Samedi 26 mai 2007
 
 
 
Bonjour tout le monde,
 
 
Comment allez-vous ?
 
Ici, nous vivons une période de renaissance. Le Mont Guéra est redevenu vert après 8 mois sans pluie où il virait de plus en plus au gris. En quelques jours, l’herbe a poussé partout et, de jaune, le paysage est devenu vert tendre. La pluie a redonné vie à la terre. Les cultivateurs mais aussi les fonctionnaires et les collégiens-lycéens se sont précipités aux champs pour labourer et semer le mil, les arachides. Tout le monde a un petit champ, hommes comme femmes et enfants à partir de 8 ans. Pour les fonctionnaires, cela permet de combler les nombreux mois avec arriérés de salaire et de faire vivre leur famille. Pour les collégiens-lycéens, c’est souvent le moyen de payer leur scolarité, leurs vêtements et leur « savon » pour l’année scolaire.
C’est donc un moment très important pour tous, un moment d’angoisse parfois quand la pluie tarde trop, mais souvent un moment de joie à la vue de la récolte à venir, des gestes traditionnels, du travail effectué en famille ou en communauté. Mais c’est aussi un moment qui peut être dur à passer car les greniers à mil sont vides, le travail est harassant sous un soleil de plomb et la seule « nourriture » dans certains villages est constituée de grillons grillés et de feuilles d’arbres. Pour les femmes, les journées sont très longues. Levées avant l’aube, elles préparent les repas de la journée, vont chercher l’eau. Puis, toute la famille part aux champs. Monsieur et Madame travaillent dans le champ de mil de Monsieur. Puis, quand Monsieur est fatigué, il rentre se reposer et Madame peut alors cultiver son champ d’arachides et de gombo.
Enfin, à la nuit tombée, elle rentre au village préparer le repas et faire chauffer l’eau du bain de Monsieur.
Dans certaines ethnies, Monsieur cultive le mil seul et Madame cultive le gombo, les arachides, l’oseille. Dans d’autres ethnies, c’est Madame qui aura l’entière charge de cultiver les champs d’arachides, de gombo, mais aussi de mil pendant que Monsieur se repose.
Quant aux enfants, ils aident leurs parents et cultivent leur propre champ d’arachides.
La culture des arachides ou autre est aussi une source de revenus pour des groupes, des groupements, des communautés.
Par exemple, le groupe des « femmes de charité » à l’église va cultiver un champ en commun dont les revenus serviront à subvenir aux besoins des plus démunis.
La chorale aura aussi un champ qui permettra de financer les déplacements, l’achat de carnets de chants.
La culture communautaire a aussi d’autres rôles. Si deux familles se sont violemment disputées et que des médiations ont eu lieu pour les réconcilier, il leur sera demandé par le « conseil des sages » de cultiver un champ en commun en signe de réconciliation. C’est un geste très symbolique et que je trouve très beau !
 
 
Un autre évènement important est la fin des cours. Nous avons remis les bulletins aux élèves avec leur lot de joies, de déceptions, de pleurs. A eu lieu aussi le « bal de fin d’année ».
À 15 heures, les invités étaient conviés dans une concession et s’asseyaient sur des bancs disposés le long des murs. Au milieu, une seule natte. Puis est annoncée l’arrivée de la présidente, de la vice-présidente, de la secrétaire, de la trésorière. Ces demoiselles, élues par leurs amies, font en dansant leur entrée en procession, parées de leur tenue en pagne toutes identiques, puis elles rejoignent des chaises qui leur sont réservées et devant lesquelles ont été disposés des bouquets de fleurs en plastique. L’animatrice annonce successivement :
- la présidente et la vice-présidente vont danser.
- Mlles Untelle et Untelle vont faire la démonstration de leur talent.
- Ouverture du bal : M. X et Mme Y sont invités à rejoindre la piste de danse. (Une dizaine de personnes vont ainsi être désignées).
Puis on sert des repas aux invités.
Bien sûr, tout ceci est entrecoupé de morceaux de musique pendant lesquels quelques personnes plus téméraires que les autres se lèvent pour aller danser devant la centaine de personnes présentes (ce n’est pas mon cas).
Il faut bien 3 heures avant qu’enfin l’animatrice annonce que la piste de danse est ouverte à tout le monde. Soirée très solennelle, comme l’affectionnent particulièrement les Tchadiens.
 
Le dernier jour avait lieu aussi la remise des prix, prix de travail pour celles dont la moyenne est supérieure à 14/20, prix de comportement pour celles qui n’ont eu aucune attitude négative durant l’année (insultes, bagarres, insolence, triche, vol, … pas si facile que ça), prix d’excellence pour deux élèves dont la moyenne est supérieure à 16/20, et plus insolite, mais tout aussi important, prix du sourire et prix du service (pour celle qui est toujours prête à rendre service).
 
Ce sont maintenant les vacances scolaires et aussi l’incertitude des examens.
En effet, la grève des fonctionnaires continue et nous ne savons pas si l’examen du BAC prévu le 5 juin et celui du BEPC prévu le 18 juin pourront avoir lieu ou s’ils seront annulés, ce qui conduirait tous les élèves de 3ème et de Terminale à redoubler.
 
Pour moi, il me reste deux petits mois au Tchad puisque mon avion est le 6 août au soir. Je reste encore un mois à Bitkine où je vais prendre le temps de former les professeurs des matières scientifiques, les aider à inventer des expériences réalisables avec les moyens du bord. Par exemple, en électricité, il est difficile de trouver un interrupteur, des ampoules sur support. Alors, on bricole avec ce qu’on peut.
Je vais aussi faire le tri de ce que je garde, de ce que je donne, de ce que je jette… car ma valise ne pourra contenir que 30 kg.
Il faut que je fasse de la place pour tous les cadeaux que j’ai déjà reçus et ceux à venir.
Puis au mois de juillet, je rejoindrai N’Djaména et j’irai faire un tour au sud du Pays (enfin dans les zones non inondées et encore accessibles par route). Il paraît que là-bas, il y a des arbres nombreux et immenses, de l’eau en abondance et du coton. Cela vaut le détour…
 
Et puis il faudra songer à dire adieu au Tchad pour dire bonjour à la France et à vous tous en particulier.
 
 
Pour finir ma lettre, je voulais vous faire part d’un bel exemple de solidarité africaine. Abdoulaye, notre gardien de nuit, est parti aux champs dès le réveil. Quand il revient chez lui, quelle n’est pas sa surprise de voir beaucoup de monde autour de sa maison. Sa case avait brûlé dans la nuit. Tous ses voisins, amis, parents ont apporté, qui des briques en terre, qui de la paille. Et avant même qu’il soit au courant de l’incendie, une nouvelle case était construite.
Belle leçon de générosité. Finalement, ce qui lui aura coûté le plus cher, c’est le thé qu’il a dû offrir aux travailleurs.
À bientôt.
Christelle
Par Christelle Gaborieau - Publié dans : christelle-tchad
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Dimanche 13 mai 2007 7 13 05 2007 19:04
Nouvelles de Christelle
 
Bitkine, le 8 mai 2007
 
 
 
               Bonjour tout le monde,
 
 
Comment allez-vous ?
 
Ici, la grande nouvelle, c’est que nous avons enfin commencé la saison des pluies.
Depuis 8 mois, pas une seule petite goutte de pluie, pas un nuage à l’horizon et une chaleur qui frôlait les 50°C ces derniers jours.
Puis subtilement, quelques petits moutons blancs sont apparus dans le ciel, apportant avec eux une odeur reconnaissable entre toutes, l’odeur de la terre mouillée. Il avait plu dans le Sud. Nous attendions notre tour. Chaque jour nous apportait de nouvelles rumeurs météo : il avait plu à Mongo à 60 km, à Boubou à 25 km.
Enfin, notre tour est arrivé. Quelques petites gouttes seulement mais cela a fait descendre la température de 18°C. Maintenant, il pleut chaque jour en fin d’après-midi un quart d’heure, mais nous attendons la grosse pluie qui permettra aux cultivateurs de semer le mil et les arachides.
 
Cette semaine, j’ai participé pour la première fois à une azumah. C’est une fête organisée pour récolter de l’argent en vue d’un voyage, d’un évènement.
Cela commence par l’arrivée en file indienne des « donneuses ». Ce sont des femmes à qui l’organisatrice a payé des voiles ou des pagnes. Souvent ce sont ses propres amies, ici une vingtaine. En contrepartie, ces femmes versent l’équivalent du prix du tissu avec un supplément.
Une fois installées, elles « ouvrent le koro », le koro étant un grand saladier.
L’amie intime commence par rejoindre le koro en dansant puis y dépose une grosse somme. Puis, l’une après l’autre, les donneuses font de même. Ensuite, les invités effectuent la même démarche.
Par moments, l’organisatrice se lève pour danser, quelques hommes l’entourent toujours en dansant, puis lui déposent des billets sur la tête ou les épaules. Les amies intimes récupèrent ensuite ces billets pour les mettre dans le koro. Le nom de chaque personne qui fait un don est consciencieusement inscrit dans un cahier avec la somme correspondante. En effet, si l’une des personnes qui a donné organise à son tour une « azumah », l’organisatrice est tenue d’y assister et de donner une somme supérieure à celle que lui avait donnée son invité.
C’est un vrai bouffe-fric.
La deuxième critique est que cela encourage le fait de se montrer. Les dons se passent en public et souvent les invités déposent un à un les billets avec de grands gestes. Pour paraître généreux, il vaut mieux donner beaucoup de petites coupures de 500 francs plutôt qu’un seul gros billet de 10 000 francs CFA. Une fois que l’argent a été versé, les invités peuvent danser toute la nuit. Un repas traditionnel leur est offert : riz sucré, Kisar (galettes), viande de mouton, mararas (abats), macaronis à la viande et beignets.
 
C’était intéressant d’y aller une fois pour découvrir ce que c’est mais je n’irais pas toutes les semaines car c’est un bon moyen de dépenser de l’argent.
 
 
Autre évènement : les fonctionnaires de tous les secteurs sont de nouveau en grève pour deux semaines renouvelables.
Nous sommes déjà en mai et ils n’ont toujours pas reçu leur paye du mois de mars.
Une fois de plus, le pays est paralysé.
Plus de soins dans les hôpitaux, plus d’école. Par exemple, à l’école, la fin des cours est prévue le 25 mai. Avec la grève, il serait étonnant que les élèves reviennent à l’école après… surtout qu’il a commencé à pleuvoir et que les élèves ont souvent la culture du mil ou des arachides comme seule source de revenus pour payer leurs études.
Le deuxième semestre aura donc duré… 2 semaines en tout et pour tout. Et comme c’est ainsi chaque année, les périodes de grèves alternant avec les périodes de cours, le niveau des élèves est désastreux. Sans compter le nombre d’élèves par classe pouvant atteindre 200 et l’absence de manuels scolaires.
Les examens risquent d’être reportés, ou même tout simplement annulés, comme cela a été parfois le cas dans le passé. Ce sont les « années blanches ».
À l’université, la situation est encore pire. Il faut parfois aller en cours pendant 3 années civiles pour réussir à obtenir son année académique, c’est-à-dire que les cours d’une année universitaire sont dispensés sur 3 ans.
Les résultats sont encore plus catastrophiques qu’au bac. L’année dernière, 9 étudiants en gestion sur 240 ont réussi à obtenir leur 1ère année de DEUG. Vous pouvez imaginer que dans ces conditions la corruption des examinateurs ou le harcèlement sexuel des filles sont monnaie courante.
Les étudiants sont souvent désespérés de ces conditions de travail, de la difficulté à suivre leurs cours, surtout qu’à cela s’ajoutent pour eux les difficultés financières. La plupart n’arrivent pas à manger un repas de haricots rouges à 100 francs CFA par jour. Alors parfois, pour couper la faim, ils consomment un « sachet » de whisky à 25 francs CFA.
Et quand ils arrivent à décrocher le précieux sésame au bout de 10 ans d’étude parfois, ils ne trouvent pas de travail car il n’y a pas d’industries au Tchad et que très peu de services.
Alors ils rêvent tous de s’exiler vers des cieux plus propices ou a défaut de se faire embaucher dans la fonction publique même s’il y a un versement des salaires irrégulier.
Là non plus, ce n’est pas simple. Pour réussir à intégrer la fonction publique, il faut beaucoup d’argent. Et ce n’est pas facile quand on est cultivateur de réussir à gagner cet argent qui servira à corrompre des fonctionnaires.
L’État étant le plus gros employeur, beaucoup cherchent à devenir fonctionnaires. On devient donc fonctionnaires plus par dépit que par goût du service public. Cela explique que beaucoup de professeurs ou d’infirmiers n’aiment pas leur métier, ce qui engendre absentéisme chronique, détournement des médicaments, corruption au moment des examens et de nombreux autres maux.
 
Je voulais vous donner des nouvelles de Chamchia, mon élève de 14 ans, qui a quitté l’école pour être mariée l’année dernière.
Elle a accouché d’une petite fille qui se porte bien ainsi que la maman.
Mais l’accouchement a été difficile et a duré 12 heures.
 
Je ne veux pas terminer ma lettre sans une touche d’humour. Je pense particulièrement à tous ceux qui ont la phobie des insectes. À l’heure où je vous écris, il y a actuellement dans ma chambre une sauterelle de 8 cm de long qui a déjà atterri dans mon cou, une énorme blatte de 10 cm de long qui tourne en rond, un scorpion « adolescent » qui se cache sous mon armoire, une grosse araignée jaune toute velue qui parcourt ma chambre à la vitesse grand V, une dizaine de mouches qui se cognent contre ma lumière, 3 ou 4 grillons qui cri-crissent à tout va sans oublier les margouillats qui dorment dans le faux-plafond et la vingtaine de sauterelles plaquées contre ma moustiquaire.
Allergiques aux insectes, s’abstenir !
 
À bientôt.
Christelle
Par Christelle Gaborieau - Publié dans : christelle-tchad
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